Mercredi 23 janvier 2008
-cid_9A546F8D-6CEC-4958-92C8-D911197A277C.jpg
 
Tara  s’est extrait de la banquise par 74°08°Nord, 10°04°Ouest le 21 janvier 2008, soit 16 mois après sa prise en glace le 3 septembre 2006.
Après plus de 500 jours passés sur la banquise, Tara est redevenu un voilier.
 
La goélette et son équipage mettront trois jours à rejoindre Longyearbyen au Spitzberg jeudi prochain pour une escale technique de plusieurs jours. Ce sera le premier retour à la civilisation pour Grant Redvers, le chef d’expédition et Hervé Bourmaud, le capitaine de Tara après un an et demi de vie polaire. L’équipage de dix personnes sera notamment accueilli à Longyearbyen par Etienne Bourgois, directeur de l’expédition Tara Arctic et Romain Troublé, son directeur logistique.
Lors de cette escale technique le deuxième gouvernail de Tara sera remis et tous les organes du bateau seront inspectés.

"La montée vers Longyearbyen et retour sur terre se passe au mieux, mais à tout moment, des embûches imprévues peuvent surgir. Tara est le seul bateau dans cette région mouvementée en ce moment. Je ne serai vraiment rassuré que lorsque je verrai la goélette entrer dans le port de Longyearbyen", assure côté Etienne Bourgois "."Mais, cette expédition, aventure humaine et scientifique avec le programme Damocles, sans équivalent, est d'ores et déjà un succès, ce qui n'était pas écrit d'avance", explique t’il avant de s'embarquer pour le Spitzberg.

Tara fera ensuite route vers Lorient son port de rattachement qu’il mettra plusieurs semaines à rejoindre.
 
Plus d’informations sur le site : www.taraexpeditions.org
 
Par Daniel Duhand
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 7 janvier 2008

Après une magnifique cérémonie d’ouverture hier soir dans la station d’Avoriaz, le départ de La Grande Odyssée sera donné cet après-midi  à 16h30 du centre de la station pour une première manche de cinq étapes, dans le Domaine des Portes du Soleil. Cette 4èe édition de la LGO, que les organisateurs annoncent comme la plus difficile du monde, ce n’est pas moins de 24 mushers et plus de 250 chiens qui s’élanceront  sur une piste longue de près de 1000 kilomètres en 12 étapes et cumulant un dénivelé positif de 25.000 mètres. Une nouvelle fois, le ton est donné, la LGO est désormais dans le concert des grandes Courses au même titre que l’Iditarod en Alaska, la Yukon Quest au Canada ou la Finnmakslopet en Norvège. Cette année la neige est au rendez-vous, espérons qu’elle sera là jusqu’à l’arrivée à Val-cenis en Haute Maurienne Vanoise, le 16 janvier. Nous ne manquerons pas, tout au long de cette aventure spectaculaire entre Haute-savoie et Savoie de vous tenir au courant des péripéties de la course et du classement.

En savoir plus www.chiensettraineaux.over-blog.com logo-copie-1.gif

Par Daniel Duhand
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 23 août 2007
517RWAFY8QL.-SS500-.jpg

















Francis Latreille est là où les grands événements se déroulent. En 1967, il vit dans un kibboutz en Israël. Quand la guerre des Six-Jours débute, il est sur place pour photographier le conflit. Sa carrière commence en première ligne. Aujourd’hui encore, un arbre porte son nom dans la forêt des Volontaires sur la route de Jérusalem.

Francis fait un choix professionnel comme un choix de vie : il sera photojournaliste. Pendant plusieurs décennies, il est créateur d’icônes chez  France-Soir, pour lequel il parcourt le monde au rythme de l’actualité. Vers la fin des années quatre-vingt, Francis Latreille découvre le monde polaire. En 1989, Jean-Louis Etienne le prend dans son expédition Transantarctica, premier contact avec le pôle Sud. Depuis, Francis est de toutes les expéditions polaires de l’explorateur. « C’est un bon compagnon d’expédition, avoue le docteur Etienne. Il est autonome et toujours disponible en cas de besoin. Et, pour un photographe, il encaisse bien les difficultés. »

Le photographe participe également à l’épopée de Bernard Buigues, dans sa quête de mammouths. Il est l’auteur de cette magnifique image d’un mammouth, prisonnier de son linceul de glace, suspendu sous un hélicoptère au milieu de la Sibérie. Ensemble, ils font de nombreux voyages au pôle Nord. « Malgré ses contraintes professionnelles, il est toujours attentif aux autres, il prend le temps de comprendre les situations et je ne l’ai jamais vu paniquer devant une situation difficile », précise le chasseur de mammouth.

Pendant toutes ces années à arpenter la Sibérie, Francis Latreille rencontre, fréquente et vit avec des nomades des glaces. Le peuple Dolgan est fragile, au bord de la disparition. Ils ne sont plus que deux cent cinquante nomades de l’Arctique à subsister, encore, de leurs troupeaux de rennes. Les conditions extrêmes de leur existence a ému le reporter. Les textes qui accompagnent ses photographies nous content le quotidien de ces familles, jour par jour, imprégné de traditions séculaires. Il raconte que, malgré les – 60 °C qui les frappent durant l’hiver, c’est un peuple heureux et plein de poésie. Pour preuve, ce livre dont les images transpirent du bonheur d’une communauté qui vit encore là-haut, dans le grand désert blanc, des instants pleins de couleurs.

Dolgans, Les Derniers Nomades des glaces

de Francis Latreille

Préface d’Erik Orsenna

Hors collection, 160 p., 28€.

- Publié dans : Bibliothèque de l'Aventurier
- Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 22 août 2007

"Chiens&Traîneaux Magazine" est le premier magazine on-line sur l'univers du mushing de l'actualité des courses françaises et des grandes compétitions internationales à information sur les raids et les expéditions en traîneaux à chiens. Il présente également le Guide du Traîneaux à Chiens en France qui recense tous les musheurs professionnels, les clubs et les pistes autorisées. Le site sera complètement en ligne le 1er septembre 2007 et Nicolas Vanier en sera le parrain.

banniere-chiensettraineaux.gif
http://www.chiensettraineaux.com

 

Par Daniel Duhand - Publié dans : Chiens de traîneaux
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 5 juillet 2007

Quatre SOMMETS de 8000 METRES sans apport d'oxygène

Mike-Horn-et-daniel-Duhand-003.JPG  












l'auteur du blog en compagnie de Mike Horn

Mike Horn, Jean Troillet, Fred Roux et Olivier Roduit s'envolent aujourd'hui pour un nouveau défi exceptionnel. Ils tenteront l'ascension de 4 sommets himalayens consécutivement, en style alpin et sans apport d'oxygène.

Les quatres sommets prévus:

Gasherbrum II (8068m)  Gasherbrum I  (8035m)  Broad Peak (8048m)  K2 (8611m) 
Cette expédition de 2 mois sera une première mondiale dans le domaine de la communication alpine live. Les images des ascensions seront retransmises jusque chez vous en direct, suivez l'équipe en pleine action sur www.mikehorn.com grâce aux dernières technologies dans le domaine de la communication.
 
Les alpinistes:
Mike Horn - Explorateur
1997 : Expédition Amazone - Traversée en 6 mois du continent Sud-Américain en descendant le fleuve Amazone dans son entier en hydrospeed 
2000 - 2001 : Latitude Zéro - 18 mois et 40'000 km autour de la Terre en suivant la ligne de l’Equateur, sans engins motorisés et sans animaux
2002 - 2004 : Arktos - 27 mois et 20’000km autour du Cercle Polaire Arctique sans aucun moyen de transport motorisé et sans chiens
2006 : Conquête du Pôle Nord pendant l’hiver arctique - Première expédition de nuit au Pôle Nord depuis le point le plus au Nord de la Russie.
Jean Troillet – Alpiniste : huit sommets de 8'000 mètres
K2, Dhaulagiri, Everest, Cho Oyu, Shisha Pangma, Makalu, Lhotse, Kangchenjunga,
Fred Roux – Alpiniste : trois sommets de 8'000 mètres
Everest, Cho Oyu, Shisha Pangma

Olivier Roduit – Alpiniste: deux sommets de 8’000 mètres
Dhaulagiri, Shisha Pangma
 
Par Daniel Duhand - Publié dans : Montagne
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 28 mars 2007
Par Daniel Duhand - Publié dans : Vidéo
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 28 mars 2007

Certaines grandes fortunes collectionnent les œuvres d'art, d'autres des voitures de prestige, d'autres encore des châteaux. Steve Fossett, lui, collectionne les exploits, les trophées, les records. De son argent, il a fait une arme ; de son sens aigu de l'organisation, il a fait un atout. Après avoir mené à bien ses affaires, il a réussi à mener à bien ses aventures du bout du monde. En solitaire ou en équipe, sur terre, sur mer et dans les airs, il s'est attaqué à d'incroyables records, les faisant tomber les uns après les autres, les pulvérisant parfois. De la course de traîneaux au tour du monde en ballon, de la traversée de l'Atlantique à la voile aux records de vitesse en avion privé, la liste est aussi longue qu'impressionnante. Parce que Steve Fossett n'est pas un aventurier comme les autres : il aime gagner, il veut gagner. Il y a en lui du Jules Verne, du Jack London, de l'Ernest Hemingway et du Howard Hugues. Pour la première fois, un livre retrace son parcours peu banal et revient sur la plupart de ses exploits, les faisant revivre de l'intérieur. Cela permet de mieux comprendre cet Américain pas si tranquille pour qui la devise scoute, qu'il défend, est devenue un dogme : " Toujours prêt ! " 
 Journaliste de renommée internationale, Peter Van
Horn a écrit dans de nombreuses revues. Spécialiste des sports extrêmes et grand amateur de destins hors du commun, il a réuni ces deux passions pour enquêter sur les exploits de Steve Fossett. D'une véritable montagne d'informations, il a tiré un récit précis, haletant, qui retrace les grandes étapes de la vie d'un milliardaire résolument pas comme les autres.

 

 Ed Favre.

 

Par Daniel Duhand - Publié dans : Bibliothèque de l'Aventurier
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 24 mars 2007

KAYAK

 

Cinq jeunes kayakistes Bretons sont partis dompter les rapides du Nil Blanc, en Ouganda. Une aventure sportive hors du commun et une aventure humaine aussi, dans ce petit pays d’Afrique, de l’Ouest africain, pas vraiment touristique.

 

 

« Le plus difficile, c'était de reprendre ma respiration lorsque j'avais la tête hors de l'eau. J'étais continuellement entraîné vers le fond. J'ai dû sortir de mon kayak, car je ne pouvais plus respirer et le courant venait de m'arracher la pagaie des mains. " Léo se souviendra longtemps de " Cuban ", le rouleau le plus impressionnant des rapides d'Itanda. " J'étais épuisé et je n'avais plus de souffle quand j'ai senti la corde tomber sur ma tête. Je l'ai attrapée et je me suis senti tiré. Je ne remercierai jamais assez Jo et Mat. Sans eux, je ne serais plus là aujourd'hui. " Les cinq membres du club de Freestyle du Dabeblech' Kayaking, qui ont passé plusieurs semaines en Ouganda, se souviendront longtemps de leur incroyable périple africain. Ils ont traversé le pays en 4 x 4, dans le meilleur des cas, et le plus souvent en matatus (camionnettes utilisées pour les transports en commun) ou en boda-bodas (mobylettes), pour se rendre sur les meilleurs spots du Nil Blanc.


Accueillis comme des héros
Le fleuve, qui prend sa source au Lac Victoria, conflue ensuite avec le Nil Bleu, en Éthiopie, pour devenir enfin le Nil, en Égypte, et se jeter en Méditerranée, 6 400 Km plus loin. Sur le territoire ougandais, le Nil blanc n'est qu'une succession de chutes, de rapides et donc de vagues de difficultés maximales, propices à la réalisation d'arabesques aquatiques et aériennes. Le périple des cinq freestylers a débuté à Bujagali Falls, à plus de 4 h de route de la capitale, Kampala. Dès la deuxième nuit, ils ont affronté des pluies torrentielles : un avant-goût de ce qui les attendait sur l'eau le lendemain. Sur un spot baptisé "50/50", sans doute parce que les chances de survie y sont d'une sur deux, ils ont vraiment compris pourquoi le Nil Blanc avait la réputation d'être la Mecque du kayak freestyle. En arrivant au-dessus de la vague, il faut en effet se retourner pour pouvoir la surfer.

Au sortir de chaque session, le club des cinq fait le bonheur des curieux à cause de son drôle d'accoutrement et de son équipement : casque, pince-nez, jupettes, sans oublier l'embarcation, très courte, dotée d'une coque à fond plat et de carres pour permettre une accroche radicale dans les vagues. Dans chaque village traversé, les enfants, excités et heureux de cette animation inattendue, accueillent les kayakistes par des " Muzungu ! Muzungu ! " (Bienvenue). À chaque fois, c'est l'occasion de partager avec les habitants des repas 100 % chapati : cette galette de farine et d'eau dégustée avec du miel le matin, et avec de l'avocat et un oeuf, le midi et le soir, est le plat national. Ces moments de partage et de rencontres sont bienvenus, pour se requinquer après des navigations vraiment très éprouvantes. Celle d'Itanga, où Léo s'est fait très peur, restera la plus mémorable d'entre d'elles. Ce passage, c'est en tant que " safety kayaker ", recrutés par une compagnie de raft, qu'ils l'ont découvert. Un travail bien payé qui consiste à aller récupérer les touristes éjectés des rafts... à condition, bien sûr, de réussir déjà à ne pas se faire expulser de son kayak ! Sur cette partie du fleuve, qui est un paradis pour les kayakistes du monde entier, les cinq Bretons font une incroyable rencontre : un couple de Robinsons australiens s'est installé là avec un enfant de 6 ans. Sans électricité ni eau courante, ils se nourrissent de la production des champs environnants et d'un petit élevage. La toilette se fait dans le Nil, et pour les besoins naturels, il faut juste s'assurer qu'aucun serpent ne rôde... Un peu plus en aval, les Français s'offrent un grand moment dans le " Nil Spécial ", un spot qui offre une vague raide et très rapide, sur laquelle il est possible d'envoyer des figures très aériennes, comme sur un coussin d'air. Dans deux ans, un barrage hydraulique, construit à Jinja, la deuxième ville du pays, fera disparaître ces rapides. Au grand désespoir des kayakistes, certes, mais pour la bonne cause puisqu'il permettra de développer le réseau électrique du pays.

Repères
Les bons spots

Le Nil Blanc (Ouganda) est l'un des paradis du kayak Freestyle, au même titre que le Nil Bleu (Ethiopie), le Zambèze (Zambie) et le Futaleufu (Chili).

Internet :
www.kayakthenile.com
www.thezambezi.com
www.kayakfu.com

 

Avec l’aimable autorisation de : www.myfreesport.com

 

 

Par Daniel Duhand - Publié dans : Actualité, vu dans la presse...
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 24 mars 2007
Par Daniel Duhand - Publié dans : Vidéo
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 24 mars 2007

La Pierra Menta, qui s’est courue le week-end dernier, est la course de ski alpinisme la plus difficile au monde. Chaque année les plus audacieux tentent leur chance sur ce tracé impossible et mythique.

 

C'est une légende savoyarde qui a la dent dure... Il était une fois un géant qui s'appelait Gargantua. Parti de son château au bord de la Loire, il voulut visiter l'Italie, traversa le Rhône et très vite arriva à Annecy. Devant lui alors, le mont Blanc se dressa. Trop fainéant, le géant le contourna. Mais une énorme pierre freina sa route. Gargantua la dégagea d'un coup de pied bien placé. Le rocher s'envola et retomba en plein coeur du massif du Beaufortain, 30 Km plus loin. La Pierra Menta était née...

Ce dôme monolithique, qui a la forme d'une dent, culmine à 2 714 m, au-dessus du petit village d'Arêches-Beaufort. Même si la légende, attribuée à Rabelais, s'est perdue à travers les âges, le nom du mythique sommet est réapparu cinq siècles plus tard, avec une nouvelle histoire à raconter. Celle de la course de ski alpinisme la plus difficile au monde, une épopée qui s'écrit depuis 22 ans, muant ses participants en véritables guerriers des cimes : quatre jours d'effort, 10 000 m de dénivelé positif, skis au pied. Une épreuve unique, l'Everest, en quelque sorte, du ski alpinisme.

3.000 spectateurs à l'assaut des cimes

L'histoire débute dès les premières lueurs de l'aube, à Arêches-Beaufort. À cinq heures du matin, ce samedi 17 mars, on fait déjà la queue devant le télésiège. Car ce jour-là se court l'étape la plus prestigieuse de la Pierre Menta, la troisième, celle qui emmène les concurrents sur le Grand-Mont. Trois mille spectateurs passionnés migrent vers ce sommet qui pointe à 2 686 m. Ils se pressent dans la vallée, se massent dans la file d'attente du débrayable quatre places qui tourne à plein régime. Quarante-cinq minutes à attendre patiemment son tour, dans la nuit noire ou presque. "J'ai la boule au ventre. La pression est différente aujourd'hui. C'est l'étape mythique, la montée vers le Grand-Mont", lâche fébrilement Clément Robert, 87e du classement, sur la ligne de départ. "Il faut les comprendre. Depuis qu'ils sont levés, on leur dit qu'il y a des bouchons sur les routes, que les télésièges sont pleins à craquer, qu'il y a là-haut une meute prête à les acclamer. C'est unique en ski alpinisme. Il n'y a qu'ici que l'on voit cela", explique Stéphane Brosse, venu cette année en touriste mais qui a déjà remporté trois fois l'épreuve.

Un serpent géant qui monte

Sept heures. Le soleil rayonne et les skieurs s'élancent enfin, pour une étape de 16,25 km, dont 2 581 mètres de montée. Au rythme de 1 400 mètres de dénivelé positif avalés toutes les heures, en tout cas pour les meilleurs, ils grimpent. Trois cent cinquante-huit concurrents, qui courent par équipe de deux, dont vingt-quatre femmes, remontent la piste rouge des Perches, que tout le monde descend d'habitude. La troupe s'étend. Elle se transforme en serpent géant, qui monte, monte, monte, tout droit sur des pentes à 40°. Après le col de la Forclaz (2 339 m), les concurrents attaquent l'Antécime, le sommet secondaire du Grand-Mont, à 2 630 m. La crête principale les nargue, à quelques mètres de là. Mais la Pierra Menta a des tracés que la raison ignore : les coureurs doivent replonger jusqu'au fond de vallée et réattaquer une nouvelle ascension pour atteindre enfin le Grand-Mont.

"Au début de la montée, il n'y a pas un bruit. Tout le monde est concentré. Le cadre est magnifique, paisible. Ensuite, il y a une arête, une fantastique arête. Le vide à gauche, le vide à droite, on passe à pied, les skis sur le dos. Et puis d'un coup, il y a ce cri. Enfin, ce n'est pas un cri, c'est un fond sonore d'une puissance infinie. Il résonne dans les oreilles. Ça vient juste de l'autre côté de l'arête. On bifurque. C'est alors que l'on aperçoit la foule, les cloches qui sonnent, les banderoles... On se sent galvanisé. On accélère, peut-être un peu trop mais ce n'est pas grave. C'est le Grand-Mont", raconte avec une énorme émotion Jérémie Teyssier, dossard n° 106, qui ne s'est pas encore remis de cette incroyable émotion. Le sommet, auquel on n'accède qu'après une pénible ascension à pied ou en peaux de phoque, est tout simplement noir de monde. Des centaines de spectateurs, qui sont tous venus là au prix d'un gros effort. La première habitation se trouve à des kilomètres, le dernier télésiège est à une heure et demie de marche, et pourtant, la foule est aussi dense qu'à une arrivée d'étape du Tour de France à L' Alpe-d'Huez. Sauf qu'ici il n'y a pas de bitume, juste de la neige et les sommets des Alpes à perte de vue. "Je vais vous dire Monsieur. J'ai 53 ans, voilà 18 ans que je grimpe ici et, pour rien au monde, je ne raterais une édition. Le jour où cela m'arrivera, ce sera vraiment triste pour moi", lâche André, qui est venu d'Albertville.

La fête dès 9 heures du matin

Il n'est que 9 heures du matin, mais la fête bat son plein ! Les sacs à dos des supporters débordent de fromages et de saucissons. Francis, 78 ans, offre des sandwichs à qui en veut. Lui et son fils ont emmené cent cinquante parts de merguez, 20 kg de bois, et un poêle presque aussi lourd tout là-haut... Jean-Paul, lui, fait retentir sa sampogn, cette énorme cloche de vache qui pèse plus de 30 kg. Il l'a emmené avec lui sur le télésiège et l'a ensuite trimballé jusqu'au sommet en ski. D'autres jouent de la trompette devant des banderoles à la gloire de leurs fils, frères ou simples amis engagés dans la course. Un vacarme réjouissant. En face, le mont Blanc regarde la scène, toujours un peu plus haut que tout le monde. Et sur sa droite, il y a la fameuse dent de la Pierra Menta. Rabelais n'avait pas menti, elle ressemble à une grosse molaire avec une belle gencive toute blanche.

Retour à la course. L'Italien Guido Giacomelli, grand favori, est le premier concurrent à couper la foule. Son partenaire transalpin, Hansjorg Lunger, suit difficilement, quelques mètres plus loin. Bien au chaud dans son sillage se trouvent Florent Perrier et Grégory Gachet, la paire tricolore, mieux, le duo Beaufortain. Au moment d'enlever les peaux de phoque, les enfants du pays prennent la tête. 20 secondes d’arrêt bien négocié, en plein coeur du public, sous les vivats, avant d'entamer la descente. Comme dans un conte de fée, ils regagnent la vallée, leur vallée, en tête. Et personne ne leur contestera plus la première place, jusqu'à la fin de la dernière étape, dimanche. Les deux amateurs de ce hameau de 2 000 habitants ont vaincu les "pros" italiens, suisses, slovaques ou espagnols.

Une nouvelle page de la légende Pierra Menta vient de s'écrire. Celle des petits hommes du coin qui ont vaincu la meute des favoris. Il faut dire que les deux coureurs ont grandi à l'ombre de la Pierra Menta et ont été abreuvés dès leur plus jeune âge par les fabuleuses histoires de la course. " J'en rêve depuis que je suis gamin. Quoi qu'il m'arrive maintenant en ski, je sais que j'aurai accompli ma quête ", avoue d'ailleurs Grégory Gachet. "L'étape du Grand-Mont, chez nous, on en entend parler 365 jours par an. Il y a tellement de pression, tellement d'engouement autour de cet événement. C'est ce que j'ai voulu réussir toute ma vie. Et ça y est, c'est fait", confirme son coéquipier Florent Perrier. Lundi, il est retourné travailler dans sa fromagerie. Parce qu'en ski alpinisme, on ne gagne pas sa vie... en gagnant des courses.

De notre envoyé spécial à Arêches-Beaufort, Geoffroy Bresson

 

Avec l’aimable autorisation de www.myfreessport.com

www.pierramenta.com

 

Par Daniel Duhand - Publié dans : Actualité, vu dans la presse...
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Présentation

  • : le blog aventures-extremes
  • aventures-extremes
  • : Sport
  • : L'aventure, l'exploration et les expéditions sont mes passions et mon métier. Je suis journaliste et historiographe, spécialiste de l'aventure extreme et scientifique. Je collabore à de nombreux journaux comme Le Figaro ou VSD.
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus