Partager l'article ! DES NOMADES SUR LA BANQUISE: Francis Latreille est là où ...
Francis Latreille est là où les grands événements se déroulent. En 1967, il vit dans un kibboutz en Israël. Quand la guerre des Six-Jours débute, il est sur place pour photographier le conflit.
Sa carrière commence en première ligne. Aujourd’hui encore, un arbre porte son nom dans la forêt des Volontaires sur la route de Jérusalem.
Francis fait un choix professionnel comme un choix de vie : il sera photojournaliste. Pendant plusieurs décennies, il est créateur d’icônes chez France-Soir, pour lequel il parcourt le monde au rythme de l’actualité. Vers la fin des années quatre-vingt, Francis Latreille découvre le monde polaire. En 1989, Jean-Louis Etienne le prend dans son expédition Transantarctica, premier contact avec le pôle Sud. Depuis, Francis est de toutes les expéditions polaires de l’explorateur. « C’est un bon compagnon d’expédition, avoue le docteur Etienne. Il est autonome et toujours disponible en cas de besoin. Et, pour un photographe, il encaisse bien les difficultés. »
Le photographe participe également à l’épopée de Bernard Buigues, dans sa quête de mammouths. Il est l’auteur de cette magnifique image d’un mammouth, prisonnier de son linceul de glace, suspendu sous un hélicoptère au milieu de la Sibérie. Ensemble, ils font de nombreux voyages au pôle Nord. « Malgré ses contraintes professionnelles, il est toujours attentif aux autres, il prend le temps de comprendre les situations et je ne l’ai jamais vu paniquer devant une situation difficile », précise le chasseur de mammouth.
Pendant toutes ces années à arpenter la Sibérie, Francis Latreille rencontre, fréquente et vit avec des nomades des glaces. Le peuple Dolgan est fragile, au bord de la disparition. Ils ne sont plus que deux cent cinquante nomades de l’Arctique à subsister, encore, de leurs troupeaux de rennes. Les conditions extrêmes de leur existence a ému le reporter. Les textes qui accompagnent ses photographies nous content le quotidien de ces familles, jour par jour, imprégné de traditions séculaires. Il raconte que, malgré les – 60 °C qui les frappent durant l’hiver, c’est un peuple heureux et plein de poésie. Pour preuve, ce livre dont les images transpirent du bonheur d’une communauté qui vit encore là-haut, dans le grand désert blanc, des instants pleins de couleurs.
Dolgans, Les Derniers Nomades des glaces
de Francis Latreille
Préface d’Erik Orsenna
Hors collection, 160 p., 28€.
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